Economie-emploi

Sophia : les oreilles bioniques de Neurelec font des "miracles"

C'est une des PME émergeantes de la technopole. Filiale à 100% de MXM, affiliée au réseau Oseo Excellence, Neurelec a imposé ses implants cochléaires sur le marché de niche mondial des oreilles bioniques. Recherche et production sont assurées dans les laboratoires de Sophia Antipolis où travaillent 120 personnes.

Cédric Briand, Pdg de Neurelec.

"Nous faisons des miracles", de la part du Pdg d’une entreprise le propos peut paraître excessif, mais quand  il s’agit de Neurelec, on n’est pas loin de la vérité. Spécialisée dans les implants cochléaires, la PME de Sophia Antipolis permet à des sourds profonds d’entendre et donc de mener une vie tout à fait normale. C’est vrai pour les adultes, ça l’est aussi pour les tout-petits, "il est possible de poser un implant dès l’âge de 10 mois, le bébé pourra ainsi grandir et apprendre à parler normalement » confirme Cédric Briand, pdg de Neurelec. L’implant va remplacer la cochlée déficiente grâce à la stimulation électrique du nerf auditif. 

Le quart du chiffre d'affaires consacré à la Recherche & Développement

La gamme des implants cochléaires Digisonic a été mise au point dans les années 90 dans les laboratoires de la société MXM à Sophia Antipolis sur la base d’un accord de licence pour l’exploitation du brevet Bertin d’implant cochléaire multi-électrodes. En 2006, l’activité a été filialisée avec la création de Neurelec, filiale à 100% de MXM. La PME, dirigée par Cédric Briand, ingénieur et ancien capital risqueur, enregistre depuis une croissance accélérée. De 35 personnes en 2007, elle est passée à 120 salariés et recrute en moyenne un ingénieur par mois.

L’entreprise consacre le quart de son chiffre d’affaires à la R&D et grâce au crédit impôt recherche elle a pu financer une trentaine de postes supplémentaires en trois ans. Une manne bien venue après l’abandon en 2008, crise financière oblige, du projet d’introduction en bourse de l’entreprise qui avait besoin de capitaux pour accélérer son développement. Elle a pu aussi s’appuyer sur la plate-forme microélectronique mutualisée CIM-Paca qui lui permet de disposer d’équipements  technologiques qu’elle n’aurait pu financer. Enfin, elle travaille à la miniaturisation des implants dans le cadre d’un projet labellisé par les pôles de compétitivité SCS et Eurobiomed.

Une activité tournée à 60% vers l’export

La croissance organique a été soutenue par les exportations qui représentent aujourd’hui 60% du chiffre d’affaires. Neurelec commercialise ses implants, via un réseau de distributeurs, dans une trentaine de pays en Europe, au Moyen-Orient, au Canada et en Amérique du Sud. La PME sophipolitaine a ainsi réussi à se positionner en numéro quatre mondial sur le marché de niche des oreilles bioniques derrière des poids lourds comme l’Australien  Coclear Limited, l’Autrichien Medel et l’Américain Advanced Bionics.

Installée sur la commune de Vallauris, Neurelec assure la conception et la fabrication sur place des implants et processeurs externes qui leur sont associés. Les quelque 5000 m2 de bureaux et laboratoires sont devenus trop étroit, et l’entreprise va récupérer des locaux  supplémentaires à proximité dans les prochaines semaines. De quoi faire face à la montée en charge de l’activité qui continue à croître avec un chiffre d’affaires qui de 13 millions d’euros en 2010 devrait dépasser les 17 M€ en 2011. 

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