Economie-emploi

"Sophia Antipolis e-DRH" : gagner le défi des talents

Dans l'économie de la connaissance, ce sont les talents qui font la différence entre les territoires. Attirer les meilleurs talents, les intégrer, leur permettre de se développer, les fidéliser autour du parc technologique : c'est l'objectif de "Sophia Antipolis e-DRH" qui vient d'établir un partenariat avec le MIT de Boston représenté par Erin Baumgartner.

Erin Baumgartner, coordonnatrice aux Etats-Unis de ce programme MIT-France est venue le présenter au CICA.

L'opération e-DRH a été lancée il y a quelque 18 mois. Elle arrive aujourd'hui à maturité. Portail de solutions et services "ressources humaines", jouant à la fois sur le recrutement et la formation, elle vise à se battre sur le terrain des "compétences-clés". Notamment celles des filières d'excellence de la technopole que sont les TIC et les Sciences du Vivant. Des objectifs et moyens ont été mis en œuvre. Ils ont été passés en revue, témoignages à la clé, lors du premier rendez-vous de la e-DRH la semaine dernière au CICA.

Une démarche partie des services RH des entreprises

Premier aspect de la démarche : elle est partie de la base. Ici, les entreprises et plus particulièrement les services RH. Le Club des Dirigeants de Sophia, lors d'une grande réflexion menée autour de "Sophia Vision" avait identifié parmi les axes stratégiques, la nécessité d'attirer les meilleurs pour répondre aux besoins des entreprises. Il avait aussi demandé à la CCI Nice Côte d'Azur de lancer des actions concrètes pour les RH du bassin de Sophia Antipolis. La e-DRH est partie d'une première réunion d'une vingtaine de DRH d'entreprises qui ont participé en avril 2009 aux "Ateliers Ressources Humaines" avec en ligne de mire la mise en place une stratégie de RH mutualisée.

Tout naturellement, comme le précise Laurent Londeix, vice-président du Club des Dirigeants, "la capacité de mettre en relation demande et offre étant facilitée par Internet, la notion d'e-DRH s'est imposée. Elle permet un meilleur profilage, une forte réactivité, l'usage des réseaux sociaux, soit autant d'éléments importants dans le succès de la démarche."

Des formations mutualisées

Le premier volet de cette stratégie concerne la formation. C'est celui qui a été mis en œuvre le plus vite. Le principe est simple. Les entreprises comme les salariés ont des besoins impératifs en matière de formation. Les entreprises pour rester compétitives. Les salariés pour progresser dans leur discipline et garder leur "employabilité" dans un monde technologique toujours en changement. La question s'est ainsi posée : plutôt que d'envoyer au coup par coup à Paris ou ailleurs des salariés en formation, ne faut-il pas mieux, faire remonter les besoins de formation des entreprises du parc, grandes ou petites, pour les mutualiser et organiser sur place ces formations en faisant venir les formateurs ? Ce serait moins cher, plus facile à s'organiser pour les salariés.

L'an dernier, ainsi, quelque 20 sessions de formation "mutualisées" ont été organisées autour de 18 entreprises avec 200 salariés formés. Au départ, tout s'est fait "à la main", avec une personne recensant les besoins et organisant les formations interentreprises. Avec le succès, un outil d'inscription en ligne a été créé (edrh06.com) permettant de gérer et d'accélérer le mouvement. Un moteur de recherche performant doit y être adjoint avant la fin de l'année.

Sophiaantipolis-careers.com pour recruter à l'international

Les actions se sont portées également sur la mobilité internationale (le recrutement à l'international) et la mise en place d'un outil RH. Nommé par la CCI, Jean-Charles Amoroz a été chargé du projet global "Sophia Antipolis e-DRH". Pour le recrutement, l'une des réponses est passée évidemment par les TIC avec la création du site web Sophiaantipolis-careers.com.

En s'appuyant sur la technologie innovante d'une jeune pousse du parc, MAC2C qui met le mobile dans la boucle, le site a permis la constitution d'un véritable vivier de talents (une base de 2.500 candidats avec un apport de 300 candidats par mois), dans lequel les entreprises viennent puiser. Quelques exemples ont été donnés avec l'entreprise Sunplus qui a opéré le premier recrutement via ce site.

Un partenariat avec le MIT de Boston

Dans ce domaine du recrutement a été annoncé un partenariat avec le célèbre MIT de Boston. Le principe : un accès privilégié pour faire venir des stagiaires américains du MIT dans les entreprises de la technopole. Erin Baumgartner, coordonnatrice aux Etats-Unis de ce programme MIT-France est chargée d'établir un pont entre le site de Sophia et le MIT. Elle est venue faire la présentation. Les étudiants du MIT ont un accès préférentiel aux offres de stages des entreprises de Sophia. Le MIT s'occupera de la mise en place des stages tandis que les étudiants seront préparés deux ou trois mois avant leur arrivée afin d'être rapidement opérationnels.

Ce sont là quelques-unes des actions de la "Sophia Antipolis e-DRH". D'autres visent également à mieux accueillir les "talents" quand ils arrivent. L'un des grands freins au recrutement, signalait ainsi Magali Viano, DRH d'Amadeus, c'est le travail du conjoint. Ainsi avec l'APEC a été monté un dispositif d'aide à la recherche d'emploi du conjoint. D'autres aides sont apportées pour les "formalités-visa", pour la recherche d'un logement, etc. La "DRH mutualisée" de Sophia, et plus généralement du high tech azuréen, est désormais en route!


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